
Au moment où éclate la Révolution de 1830, Namur est, après Anvers, la place forte la plus importante des Pays-Bas du sud ; après Anvers encore, elle possède la garnison la plus nombreuse et 120 bouches à feu se trouve en batterie à la citadelle. La libération de la ville sera l’œuvre des Namurois, aidés par des volontaires accourus des villages voisins et d’Andenne.
Constant Henri de Montpellier de Vedrin appartient à une très ancienne famille du Namurois.
A la tête des volontaires de Vedrin, il s’était déjà distingué dans les combats de Bruxelles les 25 et 26 septembre 1830, en pénétrant à plusieurs reprises dans le parc. Il allait ensuite revenir combattre à Namur avec ses hommes. « C’est à la voix mâle et énergique de ce grand citoyen, écrira un biographe qui avait combattu sous ses ordres, que les habitants de Vedrin se rassemblèrent le 1er octobre pour marcher sur Namur, dès que le son du canon et du tocsin les eut avertis que les Namurois étaient aux prises avec les Hollandais… ».
A la tête de ses volontaires, donnant l’exemple du courage et du sang froid, il se posta fort avantageusement pour faire pleuvoir une grêle de balles dans les rangs des soldats qui défendaient la Porte Saint-Nicolas. Cette porte était une des mieux équipées en défenseurs. Vers deux heures de l’après midi, les volontaires de Sclayn et ceux d’Andenne étant arrivés en renfort, ensemble, ils s’emparèrent de cette porte, qui était aussi attaquée de l’intérieur par des Namurois. La perte de celle-ci porta un coup fatal aux Hollandais qui quelques jours après évacuèrent la ville. En 1832, un contemporain, bien informé, le baron de Stassart écrivait dans un rapport officiel : « De tous les évènements de notre révolution, la prise d’une place forte telle que Namur est, peut-être, le plus extraordinaire. »
La ville de Namur remit un drapeau d’honneur à la commune de Vedrin en souvenir et en récompense de la part qu’elle avait prise dans les combats qui s’étaient déroulés en cette ville le 1er octobre 1830. La cérémonie avait eu lieu sur la Grand-Place (Place d’Armes) le 19 décembre 1830.
Ce drapeau fut confié, avant la fusion des communes, par le dernier bourgmestre de Vedrin à la Marche Saint-Eloi qui venait de créer une compagnie de volontaires. Constatant la fragilité de ce vénérable emblème, l’association eut la bonne idée de faire réaliser une copie pour ses défilés.
Les volontaires 1830 de Vedrin, vêtus de sarraus bleus et armés, escortent ce drapeau, chaque année le troisième dimanche de septembre, au Pèlerinage du Souvenir lors des Fêtes de Wallonie de Namur. Au son des tambours et des fifres, ils participent également à diverses manifestations patriotiques : commémoration des journées de Septembre à Bruxelles, défilé du 21 juillet, ...